Sénégal : un durcissement majeur de la répression des personnes LGBTQI+ [Communiqué de presse]
L’Ardhis alerte les autorités françaises sur les conséquences en matière d’asile
L’Ardhis alerte sur la dégradation rapide et préoccupante de la situation des personnes LGBTQI+ au Sénégal, à la suite de l’adoption en mars 2026 d’une réforme législative renforçant fortement leur pénalisation.
Alors que les relations entre personnes de même sexe étaient déjà criminalisées en vertu de l’article 319 du code pénal, les nouvelles dispositions portent désormais les peines encourues à cinq à dix ans d’emprisonnement, accompagnées d’amendes particulièrement élevées. La loi étend en outre la répression aux formes de soutien, de promotion ou d’organisation en lien avec les personnes LGBTQI+.
Adopté à une très large majorité, ce texte traduit un consensus politique fort au Sénégal et s’inscrit dans une dynamique régionale préoccupante de durcissement des législations anti-LGBTQI+ en Afrique de l’Ouest, notamment au Ghana, au Mali et au Burkina Faso.
Dans ce contexte, les personnes LGBTQI+ au Sénégal sont exposées à un risque accru de persécutions : arrestations, violences physiques, pressions familiales et sociales, discours publics hostiles. La simple révélation ou suspicion de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre peut entraîner poursuites pénales, violences et traitements inhumains ou dégradants.
Pour l’Ardhis, ces évolutions ont des conséquences directes sur l’appréciation des demandes d’asile. Elles confirment la nécessité de reconnaître pleinement les personnes LGBTQI+ comme un groupe social au sens de la Convention de Genève et remettent en cause toute qualification du Sénégal comme pays d’origine sûr pour ces personnes.
L’Ardhis demande :
- la reconnaissance pleine et entière du groupe social des personnes LGBTQI+ originaires du Sénégal dans le cadre du droit d’asile ;
- la prise en compte systématique des évolutions législatives récentes dans l’instruction des demandes de protection ;
- l’information des autorités en charge de l’asile (Ofpra, CNDA) sur la dégradation de la situation ;
- la mise en place de voies d’accès sûres à la protection, notamment par la délivrance de visas au titre de l’asile pour les défenseur·ses des droits humains, les militant·es LGBTQI+ et toute personne exposée à un risque grave de persécution ;
- le soutien des personnes LGBTQI+ sur place et les organisations qui défendent leurs droits.
Un courrier a été adressé en ce sens au Président de la CNDA, au Directeur général de l’Ofpra ainsi qu’à l’Ambassadeur aux droits LGBTQI+.
