Les associations dénoncent le plan national de lutte contre la haine et les discriminations anti-LGBT+

Association pour la défense des droits des personnes LGBTQI+ à l'immigration et au séjour

Les associations dénoncent le plan national de lutte contre la haine et les discriminations anti-LGBT+

Alors que le Gouvernement a dévoilé ce 10 juillet son Plan national pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2023-2026, les associations sollicitées dans son processus d’élaboration dénoncent une instrumentalisation de leur participation. Les associations déplorent également le manque d’ambition et de volonté politique affiché par le Gouvernement à travers ce plan, pourtant dévoilé dans un contexte de montée inquiétante des discours et des actes anti-LGBTI+, et tout particulièrement anti-trans.

Un plan qui manque d’ambition et de volonté politique

Sollicitées par le ministère en charge de l’Egalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances et par la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH) dans le cadre des travaux d’élaboration du nouveau plan gouvernemental de lutte contre la haine anti-LGBTI+, nos associations dénoncent une prise en compte insuffisante de leurs revendications pour lutter contre la haine et les discriminations des personnes LGBTI+ et en faveur de l’égalité des droits.

Le nouveau plan invisibilise les transidentités alors que le précédent y consacrait un chapitre entier. Pourtant, les personnes trans sont la cible principale des attaques LGBTI+phobes et leurs droits ne sont ni garantis, ni protégés. L’absence d’engagement sur la déjudiciarisation du changement d’état-civil n’en est que le symbole visible.

Nous regrettons également qu’aucune mesure ne soit prévue pour faciliter l’accès aux droits des demandeurs-ses d’asile ou des couples binationaux LGBTI+.

En écartant ces sujets et en refusant de traiter des questions pourtant centrales à nos communautés, dont les droits des travailleuses-rs du sexe, des personnes migrantes et des personnes intersexes, et en se refusant tout engagement politique en faveur de droits nouveaux, ce plan constitue un artifice politicien inadapté aux besoins de nos communautés.

Une co-construction de façade entre le Gouvernement et les associations

A partir du mois de janvier 2023, nos associations ont ponctuellement été convoquées, à la dernière minute, sans calendrier de sortie clair du nouveau plan, avant toute évaluation indépendante du précédent plan (2020-2023) sur laquelle auraient dû s’appuyer nos travaux, dans le cadre de réunions avec des ministères. Ces conditions de travail ont exclu de facto plusieurs acteurs-rices de région, des territoires ultra-marins, plus éloignés-es ou moins dotés-es de moyens humains et financiers.

Malgré de nombreuses heures de travail et productions écrites de nos associations, la publication du plan initialement prévue le 17 mai, date de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, a été reportée sine die. Convoqués-es lors d’une réunion de restitution des travaux le 10 juillet, nous avons finalement pris connaissance du plan dans sa version finale, écartant la majorité de nos revendications et arbitré sans notre concours.

Partant du principe que ce qui se fait pour nous, sans nous, se fait contre nous, ce plan qui n’a pas été élaboré avec les personnes concernées va contre les personnes LGBTI+.

Un contexte d’explosion des violences et des discours anti-LGBTI

Le Plan national d’actions pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2023-2026 intervient dans un contexte d’importante hausse des violences et des actes LGBTI+phobes. En mai dernier, le ministère de l’Intérieur annonçait une hausse de 28% des atteintes commises en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre enregistrées en 2021 par rapport à 2020. Au cours des derniers mois, les centres LGBTI+ de plusieurs villes ont été visés par des attaques et des dégradations, parfois répétées.

Ce contexte est également nourri par une importante offensive politique et médiatique transphobe et xénophobe, alimentant un climat haineux et discriminatoire, menaçant l’accès aux droits et aux soins des personnes trans.

Sans surprise pour les acteurs-rices de terrain, la France a été rétrogradée cette année de la 7e à la 10e place des pays européens les plus engagés en faveur d’une pleine égalité pour les personnes LGBTI+.

Nous déplorons que le Gouvernement n’ait pas su mesurer l’urgence de la situation et persiste à exclure, dans les faits, les associations les plus concernées des réflexions à mener pour lutter contre les LGBTI+phobies.

Signataires

ActUp ;
AIDES ;
ARDHIS ;
Acceptess-T ;
OUTrans ;
SOS homophobie ;
Homogène – Centre LGBTI+ du Mans ; Inter-LGBT.