Le conseil d’administration de l’Ofpra retire le Bénin de la liste des pays dits « sûrs »

Association pour la défense des droits des personnes LGBTQI+ à l'immigration et au séjour

Le conseil d’administration de l’Ofpra retire le Bénin de la liste des pays dits « sûrs »

Le conseil d’administration de l’Ofpra a pris la décision de suspendre le Bénin de la liste des pays d’origine dits « sûrs » pour une durée de 12 mois. Bien que la légitimité de cette limite temporelle interroge, l’Ardhis ne peut que se réjouir de cette décision.

En effet, sur le strict plan de la situation des personnes LGBTI, tout n’est pas rose au Bénin. Ainsi que nous l’expliquions dans une précédente revue de littérature, l’homosexualité n’est pas pénalisée au Bénin, mais le Code pénal fixe la majorité sexuelle à 13 ans pour les personnes hétérosexuelles et à 21 ans pour les personnes homosexuelles. En outre, les relations homosexuelles ne sont pas acceptées par la société en général et une forte stigmatisation sociale limite l’affirmation publique de l’orientation sexuelle ou d’une expression de genre dite non conforme.

L’Ardhis s’étonne qu’un certain nombre de pays demeurent sur la liste des pays d’origine dits « sûrs », à commencer par le Sénégal où l’homosexualité est punie d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 100 000 à 1 500 000 francs CFA. Les arrestations et violences dont ont été victimes au moins dix hommes gays dans la ville de Touba le 20 septembre illustrent tragiquement les persécutions vécues par les personnes LGBTI au Sénégal. Ce désintérêt porté par le conseil d’administration et ses membres pour la situation des personnes LGBTI dans les pays dits « sûrs » est d’autant plus consternant que le législateur avait explicitement demandé au conseil d’administration de l’Ofpra de tenir compte des droits des personnes LGBTI dans l’établissement de cette liste.L’Ardhis rappelle son opposition à la notion même de pays d’origine dits « sûrs » qui laisse entendre qu’il y aurait des demandes d’asile illégitimes, ce qui est contraire à l’esprit de la convention de Genève.

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